Le goût de l’épure !

« Less is more » disait l’architecte Mies Van Der Rohe.
Peut-on alors considérer cette idée « de moins pour le plus » comme une forme d’élégance ?
Distinguer le besoin et l’envie, se contenter des nécessités simples, privilégier la qualité à la quantité, ériger le minimalisme en une véritable philosophie de vie…

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Le minimalisme contre le matérialisme.
Que ce soit en matière de mode vestimentaire, de style de décoration intérieur, l’esthétique classique, dépourvue de signes ostentatoires prime sur l’abondance d’imprimés, les motifs en tous genres et autres logos créés pour la frime.
On préfère peu mais mieux. Les matières sont nobles, les lignes épurées et les couleurs neutres, le tout dans un esprit de luxe, calme et volupté.

Pour la décoration, on peut faire appel à l’imagerie « japonaise ». Le nombre de meubles est limité et ces derniers sont choisis dans un style contemporain et par exemple, dans un bois précieux. Les accessoires restreints au maximum. On joue sur la lumière et on ajoute quelques plantes comme les bonsaïs pour gagner en chaleur et en vie.

style-tradionnel-japonais

Pour notre garde-robe… Yohji Yamamoto disait : « Une personne est bien habillée lorsque le vêtement disparait et qu’il ne reste que la personne. L’essentiel, c’est la beauté d’une présence. » On pense au style plus qu’à la mode, on fait la part-belle à la sobriété totale et on requiert une attention particulière aux détails. On idéalise une sorte d’uniforme de l’élégance qui laisserait exprimer sa personnalité la plus profonde. La chemise blanche, le pull bleu marine ou encore le pantalon gris sont de parfaits alliés, à condition qu’ils soient joliment coupés et dans de belles matières.

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Yohji Yamamoto disait : « Une personne est bien habillée lorsque le vêtement disparait et qu’il ne reste que la personne. L’essentiel, c’est la beauté d’une présence. »

A force de dépouiller, de fuir toutes notions de « futilités », le risque n’est-il pas de rendre cette simplification rigoureuse en un espèce de misérabilisme presque austère ? Pas si l’on considère que cette décroissance matériel amène à la croissance personnelle…

Pauvre à l’extérieur, riche à l’intérieur. Face à une consommation restreinte et plus éthique, on fait place à un mode de pensée plus élevé. La connaissance et la recherche du « beau » prennent alors le dessus. La littérature, l’écriture, l’art, la musique sont autant de moyens évidents pour contrer cette matérialité souvent confondue comme un besoin.

 

Le goût de l’épure !