La vingt-huitième année… (1)

J’ai 28ans depuis quelques mois… Et je pense de plus en plus que cette année marque un tournant dans ma vie. Une sorte de crise de la trentaine (c’est la nouvelle mode…), en avance ! Des hauts et des bas, j’en ai vécu, comme tout un chacun. Mais une année aussi spéciale que celle-ci, jamais ! Elle m’a amené son lot de positif mais également son lot de négatif… J’ai parfois cette impression de ne pas vivre les évènements qu’elle m’apporte comme je le devrai, que je fais plus comme je peux que comme je veux… Que souvent je dois combattre mon cerveau, qui ne cesse de réfléchir et rarement ne me laisse me reposer, me pousse à croire que je ne vaux rien…

Manque de confiance en moi grandissant, égo mal placé, auto-sabotage, mauvais perfectionnisme, sensibilité exacerbée, comparaisons inutiles, envahissant sentiment et complexe d’infériorité… « Je me sens écrasé ! » ai-je fini par balancer devant un café, la mine dépitée, un samedi après-midi de plein hiver. Les sentiments éprouvés à cet instant mis de coté, on aurait pu se croire dans un mauvais film dramatique (rigoler de soi-même… important) !

« On sent que tu as du mal à trouver ta place… », « On dirait que tu écartes volontairement ce qui t’apporte du bonheur et ça m’emmerde de te voir comme ça… », « Vous vous mettez la pression sur tout en même temps » et enfin « Abandonner c’est un moyen de se donner l’impression de gérer soi-même la situation, surtout quand vous avez peur d’être abandonné… Abandonner par peur d’être abandonné ! », ce qui entre autres me revenait à la figure de la part d’un entourage plus ou moins proche, cherchant à comprendre cet étrange mal-être alors que face à lui j’avais l’air des plus heureux… Des réflexions et analyses qui paradoxalement nourrissaient ce même mal-être mais qui m’ont aidé à trouver la nature du problème… Plus que celles et ceux trouvant que j’avais tout pour être heureux et que je réfléchissais trop, que relativiser ne me ferait pas de mal ( Mais avaient-ils tord ? Non !).

Jusqu’à la fin de ma 27ème année, je ne m’étais jamais posé de grandes questions sur ma vie. L’âme presque trop tranquille, je me laissais voguer à droite à gauche. Même ce post à responsabilités que l’on m’a offert à mes 25ans, je ne l’ai pas cherché. Il m’est tombé tout cuit un beau jour (aussi parce que j’avais bien travaillé avant, un peu quand même, hein !). J’ai signé mon contrat et me suis envolé vers d’autres horizons (la ville d’à coté… Le grand voyage quoi !). Ça m’a plu, ça m’a apporté… pas ce que j’avais espéré mais quand même (prendre le positif là où il y en a). D’un point de vue professionnel mais aussi personnel… Découverte d’une petite ville agréable, premier appartement à mon goût, adoption de deux chats pour venir compléter le tableau du parfait « solitaire », pour finir avec une rencontre exceptionnelle qui deviendra vite mon premier grand amour…

Un licenciement économique plus tard, je retrouve tardivement du travail et avec cette sensation d' »un pas en avant, deux pas en arrière », je reste dans la même branche de travail mais je perds énormément en responsabilité, je m’ennuie et ne trouve aucun sens à tout ceci. Je prends alors une décision risquée : celle de quitter cet emploi et de suivre une formation « création d’entreprise » ! Quand j’évoque mon idée devant les responsables de cette formation, on me regarde avec des yeux de merlans frits mais on m’accepte… Je me sens bien, je prends du plaisir à faire ce que je fais, ne m’inquiètes pas trop pour l’avenir, j’ai mis assez d’argent de coté pour pouvoir me retourner en cas de soucis, je suis en paix avec moi-même… J’ose une autre tentative qui me faisait envie depuis longtemps : ajouter sur facebook la personne intrigante (et attirante) que je croisais près de chez moi depuis mon arrivée dans cette ville. Je n’avais jamais soupçonner la magie de ce réseau social… Du virtuel au réel, il n’y a qu’un pas, de chez moi à chez lui aussi d’ailleurs…

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La vingt-huitième année… (1)

Ce qu’est l’élégance…

La notion d’élégance est toute relative. Plusieurs définitions en sont d’ailleurs possibles. Il peut s’agir d’une question de « bon goût », alors perçu comme sobre et mesuré. On peut également parler d’allure… De mouvements, d’une certaine gestuelle. Elle représente aussi un sens du style, souvent vestimentaire. Enfin, il y a l’élégance qui nait d’un comportement moral de qualité. Petit tour d’horizons de quelques moments ou éléments qui ont pu s’imposer avec élégance dans ma propre vie…

christophe-lemaire

  •  Me préserver de toutes relations amoureuses, par peur d’une quelconque souffrance… Puis rencontrer la bonne personne qui me fait comprendre ce qu’est de « grandir » à deux.
  • Recevoir un très beau message de la part de cet « ami ». Un message d’une dizaines de lignes, peu de temps avant mon passage devant le jury d’une formation qui se termine. Encourageant et rassurant, ce dernier transforme mon stress en une jolie force-tranquille.
  • Entendre le rire communicatif d’une amie, suite à une anecdote que je jugeais alors banale… Partir dans un fou rire à deux, à en devoir quitter le hall de l’administration dans lequel nous attendions d’être reçus, tellement il en devient difficile de s’arrêter.
  • Le travail stylistique et la personnalité de Christophe Lemaire (voir photo si-dessus). J’aime sons sens du classique, son approche du vêtement, sa manière de créer, réinventer son propre style, plutôt que de chercher à créer une pseudo mode. Sa sincérité et sa discrétion tranchent avec le milieu « fashion » dans lequel il évolue et ne lui apportent que plus de valeur à mes yeux.
  • Suivre les écrits d’une journaliste de mode pendant des années, parfois échanger quelques mots virtuellement puis se rencontrer réellement. Accrocher avec la personnalité de celle-ci. Devenir amis et continuer d’apprécier au quotidien sa plume sensible ainsi que l’univers se dégageant du site qu’elle tient avec son époux. (www.tendances-de-mode.com)

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« Mais même au sein de contextes très étrangers, votre solitude vous sera un soutien et un havre, et c’est à partir d’elle que vous saurez trouver tous les chemins qui seront vôtres. » Rainer Maria Rilke

  • Observer mes deux chats depuis l’épais canapé gris chiné de mon salon… Leur manière délicate et un brin snobe de déambuler dans l’appartement, leurs yeux plein de douceur, leur complicité et la malice de leurs jeux incessants… Et si le chat était synonyme d’élégance ?
  • Le livre « Lettres à un jeune poète ». Dix superbes lettres de réponses du poète Rainer Maria Rilke au jeune Franz Kappus. Ce dernier hésite entre une carrière militaire ou le risques des poèmes et se tourne vers Rilke en comptant sur lui pour lui apporter les éléments nécessaires afin de faire son choix… Véritable apologie de la solitude et plein de bon sens, ce livre est entre tous, celui que je préfère.
  • Accepter le fait que rien est figé, que les « choses » changent et que je suis en passe de devenir encore un peu plus moi-même, même si cela inclut qu’il faut que je passe par une période de doutes et d’erreurs. Qu’il est inutile de me faire « violence » et que la crainte finira par laisser sa place à la tranquillité…
  • Paris… Aussi cliché que cela puisse paraitre, cette ville est pour moi indissociable du mot « élégance ». Déjeuner chez Nanashi, voir une expo de mode ou de peinture, me promener dans les rues de la capitale et savourer chaque fois un peu plus la belle architecture de ses célèbres monuments…
  • Rédiger ses quelques lignes en écoutant la beauté émanant des morceaux de piano néo-classique de Misha Mishenko.

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Et pour conclure, je citerai les mots d’Yves St Laurent :

« Sans élégance du cœur, il n’y a pas d’élégance ! » Yves St Laurent

Ce qu’est l’élégance…

Le goût de l’épure !

« Less is more » disait l’architecte Mies Van Der Rohe.
Peut-on alors considérer cette idée « de moins pour le plus » comme une forme d’élégance ?
Distinguer le besoin et l’envie, se contenter des nécessités simples, privilégier la qualité à la quantité, ériger le minimalisme en une véritable philosophie de vie…

The_Barcelona_Pavilion,_Barcelona,_2010

Le minimalisme contre le matérialisme.
Que ce soit en matière de mode vestimentaire, de style de décoration intérieur, l’esthétique classique, dépourvue de signes ostentatoires prime sur l’abondance d’imprimés, les motifs en tous genres et autres logos créés pour la frime.
On préfère peu mais mieux. Les matières sont nobles, les lignes épurées et les couleurs neutres, le tout dans un esprit de luxe, calme et volupté.

Pour la décoration, on peut faire appel à l’imagerie « japonaise ». Le nombre de meubles est limité et ces derniers sont choisis dans un style contemporain et par exemple, dans un bois précieux. Les accessoires restreints au maximum. On joue sur la lumière et on ajoute quelques plantes comme les bonsaïs pour gagner en chaleur et en vie.

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Pour notre garde-robe… Yohji Yamamoto disait : « Une personne est bien habillée lorsque le vêtement disparait et qu’il ne reste que la personne. L’essentiel, c’est la beauté d’une présence. » On pense au style plus qu’à la mode, on fait la part-belle à la sobriété totale et on requiert une attention particulière aux détails. On idéalise une sorte d’uniforme de l’élégance qui laisserait exprimer sa personnalité la plus profonde. La chemise blanche, le pull bleu marine ou encore le pantalon gris sont de parfaits alliés, à condition qu’ils soient joliment coupés et dans de belles matières.

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Yohji Yamamoto disait : « Une personne est bien habillée lorsque le vêtement disparait et qu’il ne reste que la personne. L’essentiel, c’est la beauté d’une présence. »

A force de dépouiller, de fuir toutes notions de « futilités », le risque n’est-il pas de rendre cette simplification rigoureuse en un espèce de misérabilisme presque austère ? Pas si l’on considère que cette décroissance matériel amène à la croissance personnelle…

Pauvre à l’extérieur, riche à l’intérieur. Face à une consommation restreinte et plus éthique, on fait place à un mode de pensée plus élevé. La connaissance et la recherche du « beau » prennent alors le dessus. La littérature, l’écriture, l’art, la musique sont autant de moyens évidents pour contrer cette matérialité souvent confondue comme un besoin.

 

Le goût de l’épure !